12ème édition de la Biennale de la photographie : Au moins 85 photographes seront à Bamako avec 2 200 œuvres

Du 30 novembre 2019 au 31 janvier 2020, Bamako sera la capitale africaine de la photographie. A la faveur de la 12ème édition des Rencontres de Bamako – Biennale de la Photographie, qui sera aussi la  célébration des 25 ans de l’existence de cette manifestation phare de la promotion de la photographie sur le continent, ce 2 200 œuvres de 85 artistes photographes du continent africain et de sa diaspora, qui seront exposées dans 7 lieux emblématiques de la capitale des 3 caïmans. Le 5 septembre 2019, l’information était au centre d’une conférence de presse à l’hôtel de l’Amitié de Bamako.

Lassana Igo Diarra, Délégué Général des Rencontres de Bamako, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, commissaire et le scénographe Cheick Diallo, accompagné de Monsieur Sinayogo, Chargé de communication au Ministère de la culture, ont levé le voile sur la liste des 85 artistes d’Afrique et de sa diaspora, retenus pour l’exposition panafricaine dans le cadre de cette édition.

Mais, avant Igo Diarra a indiqué que Les Rencontres de Bamako, Biennale historiques de renommée internationale de la photographie et de l’art vidéo sur le continent africain, est fiert d’annoncer les artistes qui contribueront à son édition célébrant le 25ème anniversaire.  Selon lui, la Biennale se déroulera à Bamako, au Mali, du 30 novembre au 31 janvier 2020. Il a rappelé que l’évènement a été conçu par le directeur artistique Bonaventure Soh Bejeng Ndikung et une équipe de curateurs composée de Aziza Harmel, Astrid Sokona Lepoultier et Kwasi Ohene-Ayeh. Selon lui, ce travail sera fait avec les conseils artistiques de Akinbode Akinbiyi, de Seydou Camara et du scénographe Cheick Diallo.

En ce qui concerne le thème « Courants de conscience », le directeur artistique Bonaventure Soh Bejeng Ndikung dira que cette édition est une invitation à réfléchir à la pratique artistique de la photographie en tant que courant de conscience, ainsi qu’à envisager la photographie au-delà du corset du photographe. Selon lui, l’instant capturé par la photographie émane d’un flot de pensées et d’associations reflétant la voix intérieure du photographe, qui est inévitablement et constamment en mouvement.

Il a précisé que l’exposition utilisera la notion de flux de conscience comme métaphore du flux d’idée, de peuples et de cultures qui traversent et longent des fleuves comme le Niger, le Congo, le Nil ou le Mississippi. Mieux, il a annoncé qu’une attention particulière sera portée à l’éloignement et les matières invisibles, aux voix et images jusqu’alors effacées, ainsi qu’à la célébration de la politique et la poétique des écosystèmes (in) animés.

Par ailleurs, il dira qu’un accent sera mis sur le rôle des Collectifs dans les pratiques photographiques africaines. « Nous devons aller vers la possibilité de raconter collectivement nos propres histoires à travers des images, en plaidant pour le fait que dans nos société, nous ne sommes pas des individus, mais des entités divisibles qui forment ensemble un collectif plus vaste », a-t-il indiqué.

En guise d’innovation pour cette édition, il dira que dans le souci de dépasser le cadre de la photographie en tant qu’expérience visuelle, cette Biennale abordera la textualité, la tangibilité, la performativité et surtout la sonorité de la photographie. « Les propriétés sonores de la photographie sont envisagées comme des courants de conscience dans lesquels le photographique et le phonographique se croisent », a-t-il déclaré.

Une exposition qui sera racontée en quatre vers

Il dira que la sélection artistique des œuvres des 85 photographes, a donné lieu à 4 chapitres. Selon lui, chacun de ces chapitres va amener le spectateur à son propre récit de courants de conscience. Il a précisé que les chapitres sont nommés d’après des vers tirés d’un poème figurant dans le prélude du « Dilemme du fantôme », pièce de théâtre écrite par Ama Ata Aidoo.

Selon lui, ces quatre chapitres sont :

  • « Le bruissement soudain dans le sous-bois ». Selon lui, ce chapitre traitera de la question de la présence de l’invisible, de la distance et d’autres questions fantomatiques.
  • « Car la bouche ne doit pas tout dire ». Il a précisé que ce chapitre portera sur la politique et la poétique des écosystèmes.
  • « Nous sommes venus de gauche, nous sommes venus de droite ». Le Commissaire dire que ce chapitre portera sur les déplacements, l’errance et les diasporas.
  • « La brindille ne nous percera pas les yeux ». Il a annoncé qu’ici sera traité la question de la possibilité de l’espoir et l’avenir comme promesse.

Pour sa part, Cheick Diallo, artiste disigner, chargé de la scénographie des expositions de la 12ème édition de la Biennale africaine de la photographie, a exposé un petit pan de sa réflexion. Il a conçu une scénographie qui va rompre avec les habitudes des photographies accrochées sur des murs. Ici, il va inviter les visiteurs des expositions à découvrir une nouvelle façon de présenter des œuvres photographiques. « Les artistes photographes proposent les contenues et nous proposons les contenants », a-t-il déclaré. En tout cas sa petite projection a émerveillé la salle.

Les photographes de l’exposition panafricaine

Ce sont : Ibrahim Ahmed (Egypte/USA), Nirveda Alleck (Île Maurice), Emmanuelle Andrianjafy (Madagascar), Roger Anis (Egypte), Yannick Anton (Canada), Afrane Akwasi Bediako (Ghana), Jean-Pierre Bekolo (Cameroun), Jodi Bieber (South Africa), Milena Scherezade Carranza Valcárcel (Pérou), Cédrick-Isham (France), Nidhal Chamekh (Tunisie), Amsatou Diallo (Mali), Moustapha Diallo (Mali), Dickonet (Mali), Adji Fatou Amdy Dieye (Italie/Senegal), Fakhri El Ghezal (Tunisie), Badr El Hammami (Maroc), Yagazie Emezi (Nigeria), Theo Eshetu (Ethiopie/Italie/ Pays-Bas/Royaume-Uni), Fototala King Massassy (Mali), Abrie Fourie (Afrique du Sud), Rahima Gambo (Nigeria), Eric Gyamfi (Ghana), Yasmina Hajji (France), Halima Haruna (Nigeria), Fanyana Hlabangane (Afrique du Sud), Renée Holleman (Afrique du Sud), Adama Jalloh (Royaume-Uni/Sierra Leone),Maxime Jean-Baptiste (France), Amina Ayman Kadous (Egypte), Mansour Ciss Kanakassy (Sénégal), Mouna Karray (Tunisie), Godelive Kabena Kasangati (République Démocratique du Congo), Bouchra Khalili (France/Maroc), Nicène Kossentini (Tunisie), Kitso Lynn Lelliott (Botswana/Afrique du Sud), Keli Safia Maksud (Kenya/Tanzanie), Harun Morrison & Helen Walker (Royaume-Uni), Santiago Mostyn (Suède/Trinité-et-tobago/Zimbabwe), Khalil Nemmaoui (Maroc), Yvon Ngassam (Cameroun), Antoine Ngolke-do’o (Cameroun), Christian Nyampeta (Pays-Bas/Rwanda), Abraham Oghobase (Nigeria), Adeola Olagunju (Nigeria), Léonard Pongo (Belgique), Nader Mohamed Saadallah (Egypte), Amadou Diadié Samassékou (Mali), Mara Sanchez Renero (Mexique), Ketaki Sheth (Inde), Buhlebezwe Siwani (Afrique du Sud), Selasi Awusi Sosu (Ghana), Mohamed Thara (Maroc), Dustine Thierry (Curaçao/Pays-Bas), Boubakary Touré (France/Mali), Hamdia Traoré (Mali), Andrew Tshabangu (Afrique Du Sud) et Guy Woueté (Cameroun).

En plus de cette exposition panafricaine, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Commissaire de la 12ème édition de la Biennale de la photographie, a indiqué qu’une place de choix sera réservée aux Collectifs de photographes. Selon lui, cette démarche vise à aider les artistes africains à dépasser leur égo personnel pour arriver à travailler ensemble.

Les Collectifs sélectionnés

Ce sont :

  • L’Association des Femmes Photographes du Mali (AFPM) (Mali)
  • Le Collectif Orchestre vide (France), Colletive 220 (Algérie)
  • Llislo Labantu Photography Colletive (Afrique du Sud)
  • Invisible Borders (Trans-Afrique)
  • Kamoinge (USA/Pan-africain)
  • Kolektif 2 Dimansyon (K2D) (Haïti)
  • MFON : Women Photographers of the African Diaspora (Pan-africain)
  • The Otholith Group (Ghana/Inde/Royaume-Uni).

Ensuite, il a indiqué qu’il est prévu de faire une exposition intitulée « Solid Rocks », qui pourrait s’interpréter comme l’exposition de monuments de la photographie d’Afrique et de sa diaspora. Cette exposition aura sens nulle doute l’allure d’une exposition d’hommage, tant les photographes sélectionnés ont du métier dans les objectifs de leurs appareils. Ils ont chacun à leur façon contribué à la grandeur de la photographie en Afrique et dans sa diaspora.

Les Rochers Solides

Ce sont : Felicia Abban (Ghana), Akinbode Akinbiyi (Nigeria), Jihan El Tahri (Egypt), Armet Francis (Jamaica), Theaster Gates (USA), Liz Johnson Artur (United Kingdom), Deborah Lewis (USA) et Eustaquio Neves (Brazil).

Les Projets spéciaux

Selon le Commissaire de la 12ème édition de la Biennale africaine de la photographie, une des grandes attractions sera les « Projets spéciaux ». Et au titre des Projets spéciaux, il a annoncé : « Do you hear me calling ? », une installation vidéo de Theaster Gates (USA) ; « Musow Ka Touma Sera » qui sera organisé par Fatima Bocoum (Mali) ; « Dja Tigui : L’hote de mon Ombre », à mettre en place par Nakhana Diakité Prats, (France/Sénégal) ; « The Works of Tolu Odukoya  1945-2015 », à organiser par Uche James Iroha (Nigéria) ; « Legends of the Casbah », proposé par Riason Naidoo (Afrique du Sud) ; « A l’Est de Bamako », présenté par Françoise Huguier (France) ; enfin « Five Photographers : A tribute to David Goldblatt », organisé par John Fleetwood (Afrique du Sud).

Assane Koné

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